Café géopoétique le 12 novembre à 19h à La Tienda (Verdun) – Autour du livre « Vers une approche géopoétique »

Rachel Bouvet - Littérature et géopoétique

Capture d'écran 2015-09-18 17.15.23 Si j’ai dédié ce livre à tous les membres de La Traversée, l’Atelier québécois de géopoétique, c’est parce que j’y fais le bilan de dix années riches en discussions et en explorations diverses, d’un atelier nomade à un autre. Il y est souvent question de lecture, aussi, de la lecture des oeuvres de Kenneth White, de Victor Segalen et de JMG Le Clézio, bien sûr, mais aussi de l’ancrage géographique de la lecture. Il était donc inéluctable de convier les lecteurs à un café géopoétique pour en parler, afin de perpétuer une tradition fondée sur l’échange et le partage des idées. Vous trouverez les détails de cette rencontre, qui inaugure un cycle de cafés géopoétiques, sur le site de La Traversée

À tous ceux qui sont loin du Québec: que vous soyez membre de l’Institut international de géopoétique, d’un autre îlot de l’Archipel géopoétique ou simplement intéressé par…

View original post 47 mots de plus

Le Chemin profond de Kenneth White : Du chamanisme à la géopoétique

Michele Duclos

Auteur d’une œuvre multiple et une à la fois, qui est l’une des plus puissantes de notre temps, Kenneth White a, dès ses débuts, assigné à l’activité poétique un rôle premier et essentiel dans la vie d’une société humaine. Sans qu’il s’agisse de modèles à imiter, il se réfère volontiers, par exemple, au rôle de la poésie homérique dans la culture grecque et, plus primitivement encore, au rôle du chamane dans un groupe paléolithique, néolithique.

Le but de cet essai est de suivre les traces de ce que l’on pourrait appeler un cheminement chamanique dans l’œuvre de White.
Mais il convient au départ de dépouiller le terme « chamanisme » de sa dénotation et de ses connotations tant historiques que folkloriques, de le rationaliser en quelque sorte, comme le fait White, pour n’en conserver que l’essence ontologique intemporelle.
Le chaman, dans une collectivité, remplit une fonction qui repose sur l’usage…

View original post 1 825 mots de plus

Cultiver le sauvage Invitation géopoétique

unnamed

Kenneth WHITE & la localisation de la pensée

LES LIGNES DU MONDE - géographie & littérature(s)

Dans ce mot «géopoétique» est contenue l’idée que l’on peut localiser la pensée, relier territoire et pensée, nature et culture. Si notre culture et notre civilisation sont à l’heure actuelle tellement creuses, c’est justement parce que nous avons perdu ces liens. Il s’agit donc d’essayer de lier la pensée plus exigeante au lieu le plus fort, le plus intense matériellement.

Kenneth WHITE in Entretien avec Gilles Farcet, in Le Poète cosmographe

View original post

000_0481

Géopoétique des lignes brisées

Auteur·e·s:

Texte initialement paru dans la revue Formes poétiques contemporaines, SUNY Buffalo, 2014, no 11, p. 31-48.

 

Géopoétique des lignes brisées : musements, chants de pistes et labyrinthes hypermédiatiques

 

Lignes fantômes, lignes imaginaires

Dans sa Brève histoire des lignes, Tim Ingold explique que :

Lorsque nous regardons le ciel étoilé, nous imaginons que les astres sont reliés entre eux de manière invisible par des lignes fantômes, formant des constellations. Sans elles, on ne pourrait rien raconter sur les astres. Les lignes de guidage, comme celles qui relient des points de triangulation, sont également de nature fantomatique, de même que les lignes géodésiques, comme la grille de latitude et de longitude, ou les lignes de l’équateur, des tropiques et des cercles polaires. C’est comme si nous avions tendu une ficelle entre deux points, ou tracé entre eux un arc par voie de terre, comme ce fut réellement le cas lors des premières tentatives pour mesurer la terre. Les lignes de ce type peuvent bien sûr figurer sur des cartes et des plans sous la forme de tracés réalisés à l’encre et au stylo à l’aide d’une règle et d’un compas. Mais elles n’ont pas d’équivalent physique dans le monde physique qui est représenté sur ces cartes.1

Ces lignes, évidemment, ce sont des lignes imaginaires, des lignes intériorisées, lignes que nous projetons nous-mêmes et qui dessinent des espaces. Ces lignes nous servent d’interface dans notre expérience du monde. Elles nous permettent d’organiser ce lieu qu’est notre monde. Ces lignes sont innombrables et leurs champs d’application sont variés, liés tout autant à l’espace et au langage qu’au temps, déterminant des lignées, des discours et des lieux.

Les lignes qui m’intéressent surtout sont celles que l’espace nous conjoint à dérouler. Ce sont les lignes que nos déambulations dessinent, que nos esprits accumulent, car elles constituent peu à peu notre vécu. Ces lignes ne sont pas rectilignes, elles sont encore moins continues, quand elles ne sont pas tout simplement virtuelles, mais elles permettent de penser les heurts et les détours de tout cheminement, tout en orientant le processus de création par lequel nous pouvons nous les représenter.

En tant que composante d’un geste créateur, les lignes rendent singulier le multiple. Elles actualisent un possible, confirmant une forme, stabilisant un trajet. Même si elles sont brisées, elles viennent déterminer un parcours et, ultimement, un monde. Elles redonnent aux pensées un fil, qui leur permet d’échapper au jeu pur des associations et du musement, pour devenir parole, discours, narration. Elles assurent en fait la ligne mélodique d’un chant de pistes. Cette dernière notion, issue de la mythologie aborigène, permet d’articuler le rapport dynamique qui lie le potentiel et l’actuel ou, plus globalement, le champ des possibles et les diverses réalisations auxquelles il donne lieu.

Bruce Chatwin, le premier, a suggéré l’analogie entre chant de pistes et création littéraire. Les itinéraires chantés constituent, pour lui, un phénomène universel, le moyen par lequel les êtres humains marquent leur territoire, en fixent les limites et la forme, afin de le faire exister sur un mode imaginaire. Les premiers mythes étaient des récits d’aventures, des récits d’exploration et de conquête du territoire. Avant de rejoindre l’autre, il fallait se rendre à lui, arpenter le territoire et se l’approprier. L’espace est le lieu premier de l’aventure humaine. Et sa représentation imaginaire est au fondement même de toute forme narrative, quelle que soit sa complexité.

C’est à exploiter les liens entre chant de pistes et création littéraire que cet article est consacré. Je commencerai par décrire la notion même de chant de pistes, avant de chercher à comprendre, dans un perspective géopoétique, certaines de ses manifestations. Je m’arrêterai principalement sur l’idée de musement, terme proposé par C. S. Peirce, afin de rendre compte de l’errance de l’esprit qui, en puissance, ouvre la voie à toute création, à tout chant de pistes. Je reviendrai sur la question des labyrinthes, de ces architectures d’une grande complexité qui s’apparentent aux territoires les plus menaçants et ouvrirai la voie à une réflexion sur le cyberespace, ce nouveau territoire que le réseau Internet permet de déployer. Dans sa structuration même, le cyberespace s’impose comme une manifestation contemporaine de la dynamique au cœur de la mythologie aborigène. Les œuvres hypermédiatiques qui en réalisent certaines des potentialités, apparaissent comme de nouveaux chants de pistes, des chants du moins qui multiplient les strates d’expérience et qui permettent de renouveler notre connaissance du territoire.

 

Chants de pistes

Pour Tim Ingold, « on ne peut pas toujours déterminer avec certitude ce qui distingue une ligne réelle d’une ligne imaginaire, ou pour le dire autrement, un phénomène d’expérience d’une apparition. »2 Ce qui, pour les uns, est un acte de construction du paysage se révèle, pour les autres, une inscription imaginaire. L’exemple donné par Ingold en appui à cette constatation est celui des songlines, les chants de pistes ou pistes chantées, selon les traductions, des aborigènes d’Australie. Ces pistes « ont été tracées par les Ancêtres quand ils arpentaient le pays à l’époque de la création, mythe connu sous le nom de Dreaming [le Temps du rêve], laissant une empreinte à certains endroits du paysage, sur les collines, les roches, les points d’eau et les ravines. »3

L’écrivain voyageur Bruce Chatwin, l’un des premiers qui s’est intéressé à ces chants de pistes, expliquait que ces derniers étaient connus des aborigènes sous le nom d’empreintes des ancêtres ou de chemins de la loi.

judy_watson

Les mythes aborigènes de la création parlent d’êtres totémiques légendaires qui avaient parcouru tout le continent au Temps du rêve. Et c’est en chantant le nom de tout ce qu’ils avaient croisé en chemin – oiseaux, animaux, plantes, rochers, trous d’eau – qu’ils avaient fait venir le monde à l’existence.4

Le Temps du rêve est, pour les aborigènes, l’époque de la création du monde. Robert Lawlor explique, dans Voices of the First Day, que « Toute création provient de la même source : le rêve et les agissements des Grands ancêtres. Toutes les étapes, les phases et les cycles étaient présents simultanément dans le Temps du rêve. »5

Les aborigènes australiens ne fractionnent pas leur existence en termes temporels (passé, présent, futur), mais d’actualisation. Leur vie actualise une partie de la création du Temps du rêve. Le passé n’est pas ce qui est terminé, mais ce qui s’impose comme potentialité, comme possible que le présent actualise. Il n’y a pas trois termes, comme avec le temps, mais deux. L’enchaînement est logique et non temporel. Potentialité et actualité. Premièreté et deuxièmeté, pour reprendre le vocabulaire de Peirce. Robert Lawlor explique encore :

Comme pour la graine, la potentialité de tout emplacement terrestre est imbriquée dans la mémoire de son origine. Les aborigènes nomment cette potentialité le Rêve de cet endroit, et ce Rêve est au cœur du caractère sacré de la terre. Et seulement dans des états de conscience extraordinaires peut-on devenir sensible ou se mettre à l’écoute du rêve intime de la terre.6

La plupart des commentateurs signalent que l’idée de rêve ne parvient que difficilement à décrire ce temps mythique de la création du monde des aborigènes. Le terme a été conservé dans les diverses traductions, faute de mieux.

D’autres notions pourraient être proposées pour signaler le caractère fondamental de ce temps. Le Temps du rêve, aurait ainsi dit Peirce, est essentiellement une forme de musement. D’ailleurs, le philosophe américain a résisté, lui aussi, à décrire l’activité de création ou de recréation pure impliquée par son concept comme une forme de rêve. S’il a commencé par le décrire comme une rêverie ou une méditation, il s’est ravisé, précisant qu’il s’agissait avant tout d’une rêverie pleine, sans perte de conscience. Le musement était plutôt de l’ordre du jeu, mais d’un jeu aux propriétés particulières : « c’est du Jeu Pur. […] Il souffle où il veut. Il n’a pas de projet, hormis la récréation7. »

aborigene-585x300-520x245

Le Temps du rêve aborigène est aussi un jeu pur, un jeu qui précède toute loi, parce qu’il en est le présupposé. Il souffle où il veut, comme un esprit qui s’aventure sur des chemins peu fréquentés et qui produit de l’inouï, du nouveau et, par la force des choses, une création originale. Le Temps du rêve est une forme d’oubli actif qui permet la production et la création de formes essentiellement nouvelles et inédites. Il s’est imposé peu à peu comme le Temps de la création, une fois enclenché le processus de mythification qui fait du passé lointain une origine.

Le musement est lui aussi un temps du rêve, une pure potentialité. Il se présente comme un dessaisissement, un mouvement continu de la pensée, un flot qui nous traverse jusqu’à ce que nous nous déprenions de lui, pour une raison ou pour une autre. C’est une forme de discours intérieur, qui ne doit pas être conçu comme une dérive occasionnelle, mais comme le moteur même de notre pensée. On peut le comparer à l’association libre, pratiquée en psychanalyse, qui n’est pas le musement, mais une façon d’en mimer le jeu. C’est surtout l’errance d’un esprit en plein processus créateur, processus qui ne nous apparaît qu’à la faveur de circonstances singulières : bruits incongrus, découverte de paysages saisissants, etc.

Muser, c’est perdre la notion du temps, et c’est se perdre dans la contemplation de figures 8. C’est aussi s’inscrire dans le temps du rêve et entreprendre de suivre ses propres chants de pistes, qui apparaissent alors comme cet indispensable ressaisissement par lequel nos éblouissements initiaux prennent forme. Comme un musement, le Temps du rêve souffle où il veut. Les chants de pistes qui lui sont liés découlent de cette conception de l’imagination et du rapport au territoire. Il semble que les Ancêtres, quand ils ont exploré à l’occasion du Temps du rêve le continent australien, aient laissé dans leur sillage une suite de mots et de notes de musique qui constituent des pistes, véritables voies de communication entre les tribus.

Le territoire est marqué par une écriture illisible, voire invisible pour les non-initiés, mais qui lui donne une forme, qui le fait exister. Le Temps du rêve ne peut être abordé, en tant que potentialité, que si des chants de pistes témoignent de sa présence en amont. Une potentialité, par définition, échappe à toute actualisation. Dès qu’elle s’est actualisée, elle a commencé à se dégrader, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, son souvenir. Mais cette trace même imparfaite est la seule façon d’en inférer la présence. De la même façon, le musement ne peut être décrit que si une parole quelconque parvient à témoigner de sa présence initiale. En fait, toute parole, en tant qu’actualité, implique une potentialité que le musement identifie comme processus. S’il apparaît comme le jeu pur d’une pensée libérée de ses amarres, ce qui remonte à la surface n’en est jamais qu’un reste, une pâle version, dénuée de toute vitalité, mais c’est tout de même un témoignage, le seul qui puisse exister.

Pour Bruce Chatwin, ces chants de pistes constituent « un labyrinthe de sentiers invisibles sillonnant tout le territoire australien »9. Le territoire n’a commencé véritablement à exister qu’à partir du moment où il a été chanté dans le Temps du rêve. « En amenant le monde à l’existence par le chant, dit-il, les ancêtres avaient été des poètes dans le sens originel de poiesis, la ‘création’. »10

Dans le mythe grec, pour sortir du labyrinthe, il faut un couple lié par un fil, c’est-à-dire un être qui s’aventure dans le dédale, Thésée, et un autre qui l’aide à revenir, Ariane. Le premier est l’oubli, un oubli en acte, et la seconde, ce qui assure le rappel. Sans Ariane, le labyrinthe est un tombeau. Les mêmes éléments sont essentiels pour revenir et retenir quelque chose du musement. Un couple lié par un fil, celui de la parole. Un être, un museur, qui explore à l’aveugle les voies de l’oubli et de l’échappée, et un autre, un scribe, qui prend note de ce qui a été recueilli.

Les aborigènes, selon Chatwin, ne conçoivent pas « le territoire comme un morceau de terre délimité par des frontières, mais plutôt comme un réseau de ‘lignes’ et de voies de communications entrecroisées. »11

Logo

Pour certains, les pistes chantées étaient comme L’Art de la mémoire à l’envers. Dans le merveilleux livre de Frances Yates [Paris, Gallimard, 1975], on apprend comment les orateurs de l’époque classique, Cicéron et ses prédécesseurs, bâtissaient des palais de mémoire en liant les parties de leurs discours à des structures architecturales imaginaires; après avoir fait le tour de chaque architrave et de chaque colonne, ils pouvaient mémoriser des longueurs colossales de discours. Les diverses parties étaient connues sous le nom de loci ou ‘lieux’. Mais en Australie les loci n’étaient pas de simples constructions mentales, mais existaient depuis toujours sous la forme des événements du Temps du rêve.12

Les chants de pistes constituent un labyrinthe de sentiers invisibles, lié au Temps du rêve. Or, le labyrinthe est justement, et très précisément, l’antithèse des palais de mémoire. En tant que structure faite pour s’égarer, il apparaît comme un lieu de l’oubli, non pas d’un oubli pur et simple, comme une amnésie complète, mais un oubli partiel, une pensée désarticulée, toujours capable de comprendre qu’elle est dans un dédale, mais impuissante à rétablir les liens qui unissent les tracés entre eux. C’est une pensée qui capte, sans pour autant retenir l’ordre des choses, une pensée désordonnée qui se réinvente sans cesse, car elle ne repose pas sur ce qui est déjà établi. Or, c’est la définition même du musement.

Le chant de pistes est un musement de nature géopoétique. Et on comprend intuitivement que c’est une poétique qui est ainsi mise en scène, un rapport à la création essentiellement dynamique, qui repose sur les potentialités infinies d’un Temps du rêve, métaphore chronotopique et mythologiquement articulée du musement.

Chatwin avait anticipé d’ailleurs ce rapport dynamique à la création, déclarant lors d’une généralisation peu commune chez lui, qu’il avait l’impression « que les itinéraires chantés ne se limitaient pas à l’Australie, mais constituaient un phénomène universel, le moyen par lequel les hommes marquaient leur territoire et, en conséquence, organisaient leur vie sociale. Tous les autres systèmes qui lui ont succédé n’étaient que des variations – ou des perversions – de ce modèle originel. »13 Chatwin se plait même à imaginer des chants de pistes « sur tous les continents, à travers les siècles », et des « hommes laissant derrière eux un sillage de chants (dont, parfois, nous percevons un écho). »14 On peut, à sa suite, proposer que la littérature, que toute création artistique ne sont qu’un subtil chant de pistes, la production d’itinéraires chantés ou racontés qui nous expliquent qui nous sommes et d’où nous venons, qui nous inscrivent dans un territoire (culturel et géographique), qui nous y lient et qui, en même temps, l’actualisent. Notre culture n’est rien d’autre que la face actualisée d’une potentialité, véritable rêve d’une socialité en coalescence15.

Lire la suite sur: http://hochelagaimaginaire.ca/article-dune-publication/g%C3%A9opo%C3%A9tique-des-lignes-bris%C3%A9es

safe_image (5)

La carte de l’archipel géopoétique ( Institut International de Géopoétique)

Reversed_Earth_map_1000x500

Une exploration géopoétique des archipels de l’océan Pacifique

Une exploration géopoétique des archipels de l’océan Pacifique aux antipodes d’un monde à l’envers…

Ia Ora Na !
Nous vous invitons à partager nos flâneries libertines parmi les îles du Pacifique Sud, à la rencontre des peuples océaniens, aux antipodes d’un monde à l’envers.

Nous sommes des nomades de la mer, vagabonds océaniques sur le plus grand des océans, amoureux des horizons circulaires et des vagues déferlantes, des sillages phosphorescents et des sillons d’étraves éclairés de lunes et d’arcs-en-ciel.

Avec vous, nous allons tracer les cartes géopoétiques des archipels des mondes polynésiens, réels, symboliques et imaginaires.

Selon le poète et chercheur Kenneth White, le fondateur de l’Institut International de Géopoétique:

« la géopoétique est une théorie-pratique transdisciplinaire applicable à tous les domaines de la vie et de la recherche, qui a pour but de rétablir et d’enrichir le rapport Homme-Terre depuis longtemps rompu, avec les conséquences que l’on sait sur les plans écologique, psychologique et intellectuel, développant ainsi de nouvelles perspectives existentielles dans un monde refondé ».

C’est une invitation à embarquer pour une aventure cosmopoétique.

Nous vous proposons une chronique du plaisir d’exister au milieu de la beauté du monde, une exploration des bords du monde, des portraits et des scènes de la vie quotidienne dans le « Triangle Polynésien » [Nouvelle-Zélande – Hawaii – Île de Pâques] – des dérives psycho-géographiques et des navigations/divagations géopoétiques plus que des exploits nautiques, des regards singuliers sur la vie et les hommes, des points-de-vue décalés sur le monde depuis des atolls perdus, des archipels bientôt engloutis, et des paroles étonnantes prononcées dans le vent alizé.
Nous partageons la vie de communautés d’enfants abandonnés sur des îlots de Tahiti, les errances urbaines des travestis rea-rea de Papeete, l’exil intérieur des premiers réfugiés climatiques de Kiribati face à la montée des eaux, les joies simples des pêches dans les eaux d’un lagon turquoise et or, et les chants de femmes de Rapa quand elles préparent la popoi…

Nous rencontrons des hommes-médecine, les tahua, et conversons avec leurs totems, dans le temps du rêve, de la métamorphose et des visions pénétrantes.

Aurait dit Victor Segalen, ainsi cette équipée  « ne veut donc être ni le poème d’un voyage, ni le journal de route d’un rêve vagabond. Cette fois, portant le conflit au moment de l’acte, refusant de séparer, au pied du mont, le poète de l’alpiniste, et , sur ce fleuve, l’écrivain du marinier, et, sur la plaine, le peintre de l’arpenteur ou le pèlerin du topographe, se proposant de saisir au même instant la joie dans les muscles, dans les yeux, dans la pensée, dans le rêve, – il n’est ici question que de chercher en quelles mystérieuses cavernes du profond de l’humain ces mondes divers peuvent s’unir et se renforcent en plénitude. »

Ainsi, vous proposons-nous de nous accompagner en nos vagabondages océaniques, nos dérives libertines, pour un projet exploratoire, anthropologique, gyrovague, documentaire, initiatique plus que pédagogique, cinématographique et géopoétique des usages du monde.

Nous alimenterons régulièrement les pages virtuelles de notre journal de bord multimedia, { The Libertiner }, par nos poésies sonores et visuelles, nos Très-courts au long cours, nos trouvailles et nos rencontres.

Nous réaliserons un film documentaire interactif en cours d’écriture et de construction, élaboré semaine après semaine, escale après escale.
Embarquez avec nous sur la Libertine, un Joshua Ketch de 1969, le sister-ship du Joshua de Bernard Moitessier, devenu navire d’exploration géopoétique autour de l’océan pacifique.

"Libertine", ketch Joshua de 1969 au mouillage dans le lagon de Tahiti

« Libertine », ketch Joshua de 1969 au mouillage dans le lagon de Tahiti

Ces dernières années, nous avons produit pour les chaînes Première de FranceTV une collection de 180 Très-courts documentaires, « fabriqués comme des bombes artisanales », intitulés TA’ATA (« Homme, Humain » en langue tahitienne), à voir ou revoir ici.

Embarquement: début Mai 2015: Maeva !

Programme: Tahiti – Bora Bora – Maupiti – Cooks Islands – Kiribati – Samoa – Fidji – Vanuatu – Nouvelle Calédonie – Hawaii – Marquises – Tuamotu – Australes – Rapa Iti – Tahiti (Septembre 2017)

Comment nous soutenir ? En cliquant tout  simplement  sur le lien ci-dessous:

macaronTipeee1

 

Reversed_Earth_map_1000x500